| L'affût flottant |
| Principe | |
![]() |
Certains animaux de milieux aquatiques, certains oiseaux en particulier sont difficiles à photographier ou à approcher depuis la terre ferme. D’ailleurs, pour eux, tout ce qui vient de la berge représente potentiellement un danger. Le seul moyen pour parvenir à s’approcher d’eux est l’affût flottant. Il s’agit en gros d’une tente fixée sur un support flottant dans laquelle le photographe peut entrer de manière semi-immergée. Ainsi il se déplace en marchant sur le fond de l’étang, de la rivière ou du milieu qu’il souhaite investir tout en dissimulant sa silhouette, ses mains et son visage (qui sont autrement synonyme de menaces pour tous les animaux sauvages). |
| Intérêt | |
![]() |
Certains oiseaux comme les grèbes, les hérons et certains oiseaux limicoles tolèrent très bien cette masse flottante, pour peu que le photographe se déplace vraiment très lentement. Elle ne représente pas un danger pour eux (à tel point que les grèbes peuvent venir vous pêcher entre les jambes !). Ainsi on peut photographier de près ces animaux sans entraver leurs comportements naturels (combats, alimentation, parades amoureuses, …). Mais l’avantage majeur de cette technique réside dans le fait qu’on se retrouve à prendre la photo juste à la surface de l’eau, donnant l’impression à la personne qui regarde cette photo d’être parmi les oiseaux, les grenouilles ou autres animaux aquatiques. Les sujets ne sont pas « écrasés » contre la surface de l’eau comme ils le sont en général sur les photos prises depuis la berge. |
| Inconvénient | |
![]() |
La fabrication d’un tel affût est un peu laborieuse mais ce n’est pas le plus compliqué. Il faut ensuite obtenir des autorisations pour pouvoir s’immerger sur des étendues d’eau souvent privées. Ce qui constitue souvent le challenge le plus difficile… En ce qui concerne les animaux, l’inconvénient de l’affût flottant, c’est qu’il incite à vouloir s’approcher toujours plus près. Le risque de déranger les oiseaux (surtout en hiver) est alors très important. Pour ne pas causer de dégâts irréparables, le photographe devra toujours avoir à l’esprit que cet affût est toléré par les animaux mais qu’il reste un élément étranger au milieu naturel. Attention aussi à la végétation aquatique, mieux vaut éviter de la piétiner. Les herbiers de nénuphars ou autres plantes peuvent servir de plates-formes de nidification à certains oiseaux et sont autant de refuges et de garde-mangers pour les insectes, poissons, mammifères, … |
| Préambule à la fabrication… | |
![]() |
Si comme moi vous n’êtes pas très bricoleur à la base, demandez les conseils et l’aide de personnes qui ont du matériel et de l’expérience… Pour ma part, l’affût flottant n’aurait probablement jamais vu le jour sans les talents de bricoleurs de mon père, et ceux de couturière de ma mère (merci à vous deux !). |
| Construction : étape 1, le flotteur | |
![]() |
Il y’a de nombreuses possibilités pour fabriquer cet élément, (qui est le plus important de l’affût) : bois, bidons, … Le mien est constitué de 3 morceaux de polystyrènes extrudé (disponible dans n’importe quel magasin de bricolage) assemblés par des vis papillon. J’ai fait ce choix pour pouvoir monter et démonter l’affût a volonté, et surtout pour pouvoir le transporter dans ma voiture. Certains photographes préfèrent ajouter un cadrage en bois pour consolider le polystyrène, personnellement je ne suis pas convaincu de son utilité, et je trouve que cela alourdi beaucoup l’affût (on peut être amené à le porter pour passer un endroit peu profond). A chacun de voir en fonction de son usage.Pour les dimensions, les miennes sont, une fois les trois morceaux assemblés de 120 x 90 cm. Avec 8 cm d’épaisseur de polystyrène, il semblerait que l’engin puisse faire flotter une masse de 70kg. Ainsi je peux continuer à progresser sur une zone ou je n’ai pas pieds en nageant avec mes jambes. |
| Construction : étape 2, les arceaux | |
![]() |
De simples tubes PVC (gaines d’électricité) font l’affaire. Pour les fixer dans les flotteurs j’ai utilisé le moyen suivant : en chauffant au chalumeau une tige de fer d’environ 6 mm et en l’enfonçant dans le polystyrène sur une profondeur de 4 cm, on obtient un trou d’un diamètre de 10mm (la chaleur fait fondre le polystyrène). J’ai enfoncé et collé dans ces trous des morceaux de tubes PVC d’un diamètre de 10mm. En prenant des arceaux de 9mm, cela me permet de pouvoir les enfoncer rapidement sans abimer le polystyrène. |
| Construction : étape 3, la fixation de l’appareil photo | |
![]() |
J’ai eu de grandes discussions avec un ami (qui se reconnaîtra !) à ce sujet : faut-il ou non fixer son appareil photo dans l’affût. Pour ma part, j’ai un avis tranché sur la question : c’est indispensable ! Si vous chutez, vous n’emmenez pas votre appareil à l’eau avec vous. L’ami en question utilise plutôt des coussins sur lesquels repose son objectif. C’est certain que ça lui permet d’avoir plus de souplesse pour suivre un oiseau en vol par exemple, mais quelle prise de risque pour le matériel ! Pour ma part j’ai simplement utilisé des chutes de polystyrène dans lesquelles j’ai enfoncé la potence et la rotule d’un vieux trépied, sacrifié pour l’occasion. Ainsi l’appareil est en lieu sûr, et cela permet tout de même de suivre des sujets en mouvement. Un conseil : soyez très vigilant sur la hauteur à laquelle vous allez fixer votre appareil. Trop bas, vous serez embêté par les vaguelettes les jours de vent. Trop haut, vous perdrez cette sensation de prendre votre sujet au ras de l’eau, ce serait aussi dommage. |
| Construction : étape 4, la toile | |
![]() |
Alors là, c’est du travail de couture, je ne vous expliquerai pas en détail car j’en serai bien incapable. Veillez simplement à ne pas oublier les éléments suivants : - un tissu aux couleurs neutres dans le milieu naturel (camouflage, kaki, brun, beige, …) - une ouverture pour votre objectif et trois fenêtres d’observation (une devant et une de chaque côté). Utilisez pour ça le tissu d’un filet sombre à mailles fines. - Des poches ou des liens à l’intérieur de la toile pour avoir toujours à votre disposition de quoi boire, manger, changer vos batteries, … Pensez à votre confort, vous passerez parfois une journée entière à l’intérieur ! - Un système d’ouverture et de fermeture simple à l’arrière. |
| Reste ensuite à enfiler une salopette de pêche (waders) ou une combinaison pour se mettre à l’eau… Quelques résultats en image... |
|




